

Je me réveille en sursaut, le
corps couvert de sueur, les yeux dilatés et la gorge
sèche. Je me penche vers mon chevet et regarde mon
réveil ; trois heures passées. Mes cauchemars m'ont
encore hantés toute la nuit. Mes cauchemars ? Non.
Plutôt mon cauchemar ; toujours le même. Je revoie ma
mère le jour de mes quinze ans....Elle était
accoudée au comptoir de la cuisine, le menton entre les
mains, les sourcils froncés. Elle lisait attentivement sa
recette de cuisine avant de commencer ce fameux gâteau au
chocolat et aux noix dont elle n'avait pas arrêté de
me parler toute la semaine. Moi, j'étais à table et
travaillais sur ma dissertation. Enfin "travaillais".....Je me
contentais de faire semblant. Je n'aie jamais était
doué pour exprimer mes sentiments alors, les écrire
sur du papier, quelle corvée !
Soudain, ma mère se retourna
vers moi, me fit un clin d'oeil, sortit un élastique de sa
poche et attacha ses longs cheveux noirs en queue de cheval. Elle
prit tout ce dont elle avait besoin et se mit aux fourneaux. Je la
regardée l'air amusé, quel cordon bleu ! Elle avait
toujours aimé cuisiner ; même petite, sur un
coup de tête, il lui arrivait de sortir un poêle et de
préparer des crêpes pour ses parents. C'est ainsi
qu'elle s'était découverte une véritable
passion pour la cuisine et avec le temps, elle avait acquis un
talent fou. Il n'y avait pas une seule journée où
elle me faisait goûter un de ces nouveaux plats me demandant
ensuite, ce que j'en pensais. A chaque fois je répondais
d'un ton las :
- C 'est délicieux mam', comme
d'hab...
Enfin bref, je glandais sur ma chaise
en regardant ma mère tandis qu'elle, travaillait
d'arrache-pied sur son dessert afin de me faire plaisir. Une
ambiance joviale et chaleureuse régnait dans la pièce
jusqu'à maintenant....C'est un bruit de pas qui me fit
sortir de ma rêverie. Je levai la tête et regardait du
côté de la porte d'entrée. Quelqu'un arrivait.
Je commençai à me lever quand la sonnette retantit et
que ma mère, précipitamment, se retourna et accouru
vers la porte pour l'ouvrir. Elle releva le cadenas, abaissa le
poignée, et tira la porte vers elle. Ma mère ne
bougea plus ; figée par la peur, la crainte et l'angoisse.
Les oiseaux ne chantaient plus, le soleil éclatant disparu,
un brouillard angoissant et morbide recouvra toute la maison. Je
commençai à marcher lorsque ma mère se tourna
vers moi et me lança un regard, comme pour me dire : "Non.
Je t'en prie, ne bouge pas, ne fait rien. Tout ira bien" Je n'y
prêta pas attention et continai d'avancer
jusqu'à ce que j'aperçoive en travers de la porte, un
homme. Un homme grand, maigre et blanc comme un linge. Il
était dans un état des plus pitoyables : ses cheveux
étaient longs et gras ; ses vêtements
déchirés et sales ; et une odeur immonde
émanait de lui. Cela devait faire des semaines, voir des
mois, qu'il n'avait pas pris de douche. Je ne l'avais jamais vu et
pourtant, son visage me paraissait familer. Je fis quelques
pas espérant le voir un peu mieux. Je me tenais
désormais derrière ma mère, mes mains posaient
sur ses épaules, les serrant avec force sous le
choc....Devant nous et pour notre plus grand malheur, se trouvait
mon père. Il fit un pas, nous reculâmes. Il continait
d'avancer, nous continuions de reculer....Mon dos se plaqua contre
le mur ; nous étions pris au piège, impuissant face
à lui. Instinctivement, je plaçai mes bras autour de
ma mère...pour la protéger....la protéger de
ce monstre qui nous avait déjà fait tant souffrir par
le passé....Ce n'est pas autant que mon père
renonça ; ce fut avec une facilité
déconcertante qu'il m'arracha ma mère des mains. Il
l'a pris avec violence et la jete à terre avant de le rouer
de coups. J'étais paralysé, incapable de faire un
seul mouvement, même pas un mot....Ma bouche était
bloquée et pourtant j'avais envie de crier, de hurler....de
mourir....Je n'entendais plus que les cris étouffés
de ma mère, ses os craquaient sous la violence des coups et
les rires de mon père jouissant devant ce spectacle des plus
horribles. Je restais là, adossé contre le mur,
attendant mon tour. Je ne pouvais rien faire....J'étais
faible, lâche, pitoyable....Parfois, je croisais même
le regard de ma mère suppliant et douloureux....Mes yeux me
piquaient, mes mains tremblaient. La personne qui comptait le plus
pour moi était sur le point de mourir et je ne levais
même pas le petit doigt. Je ne pouvais pas la laisser partir
sans ne rien faire ! Non ! Alors, je me relevai avec toute la force
et le courage qu'il me restait ; je lançai un dernier regard
à ma mère, me dirigeai vers mon père, serrant
le poing et soudain, plus rien....tout devient noir. Comme le
sommeil....
*****************
J'allume la lampe à
côté de mon réveil ; un flot de lumière
m'éblouit les yeux, ça fait mal. Je tourne la
tête de l'aurte côté du lit, pousse la
couverture avec mes pieds, me lève et me dirige vers la
cuisine manquant au passage, de trébucher sur le tapis.
Saleté ! Je n'aurais jamais dû acheter cette horreur.
Encore une idée de Rachel ; ma femme...ou plutôt
ex-femme. L'appartement entier me rappelle sa présence ; la
torture....Il faut vite que j'en trouve un autre. Il faut vite que
je prenne le large, que j'oublie, que je tire un trait sur notre
histoire. Il ne reste de mon coeur et de notre relation que des
cendres. La flamme si ardente qui maintenait notre amour c'est
éteinte.......à jamais ? Je ne sais pas.....Je ne
veux pas. Et pourtant.....je devrais. C'est elle, qui a joué
avec moi ! C'est elle, qui m'a martelé le coeur ! C'est
elle, qui a tout gâché en une fractions de
secondes....Je la haie! Oh comme je la haie ! Je ne peux même
plus la voir et pire encore, la respirer. Tout en elle
m'évoque du dégoût. Elle m' horripile, elle
m'exaspère. Elle me fait penser à mon père. Ce
salop....cette salope....Alors pourquoi ? Pourquoi lorsqu'elle est
là, devant moi, je me sens comme un oiseau prisonnier d'une
cage dorée ? Pourquoi me paraît-elle si inaccessible,
si intouchable ? Pourquoi m'étouffe t-elle jour et nuit ?
Toutes ces questions restent sans réponse....
J'appuie sur l'interrupteur, la
pièce s'illumine, je m'avance. Une sensation de froid me
parcourt le corps, il fait plus frais par ici. Je tourne la
tête et m'aperçois que la fenêtre est ouverte.
Je change alors de direction et m'approche d'elle seulement.....je
ne peux plus faire un pas. Mon regard vient de se poser et est
scotché ; sur une photo encadrée d'un cadre en fer
blanc. Une photo de Rachel et moi. Elle représente une
période encore heureuse de notre vie.....J'ai un coup au
coeur, c'est douloureux, j'ai mal, mon coeur saigne, pleure,
meurt.....Regarder ses yeux, son visage, ce sourire, je ne peux
pas. Je ne peux plus. C'en est trop, je ne veux plus supporter
cette torture. Il faut que je m'en débarasse....Je me
précipite vers le comptoir où est posée cette
monstrueuse et magnifique photographie, m'en saisie et la lance de
toutes mes forces par la fenêtre. Bizarrement, je n'entends
pas le verre se briser au sol. Il a dû tomber sur la
tête d'un passant. Tant mieux....Je passerai peut être,
un peu de ma souffrance à un autre.
Ceci fait, je tourne les talons et
ouvre le placard. Je m'empare d'un verre, au hasard et, encore une
fois, tombe sur la seule chose que je ne voudrais et devrais, pas
voir. C'est un mug blanc en porcelaine avec des inscriptions
peintes en rouge dessus...."A toi pour toujours" Mon cul ! Elle
s'est bien foutu de moi. Je le serre entre mes mains du plus fort
que je le peux, espérant ainsi, évacuer toute la rage
qui bat dans mes veines. Ca ne va pas. Il m'en faut plus. Il faut
que je me défoule plus....D'un geste nerveux et violent, je
le jette contre le mur ; il éclate en mille morceaux. Comme
mon coeur....Ca va mieux. Beaucoup mieux. Maintenant, j'ai besoin
de détente, de repos et d'oublier....Il me faut une
cigarette, un thé bien fort et de la musique sur les
oreilles. Je prends une tasse dans le placard, la pose sur la
table, remplit la bouilloire d'eau et appuie sur le bouton. Pendant
que l'eau bouille je m'en vais dans le salon, chercher mon mp3 et
mon paquet de cigarette qui traînent sur la table basse. Je
retourne dans la cuisine, la petite lumière rouge qui
brillait il y a quelques instants c'est éteinte, l'eau doit
être brûlante. Je prends un sachet de thé dans
le tiroir près de la cuisinière. Parfum poire et
chocolat. Le goût va être horrible ; parfait. Je verse
l'eau de la bouilloire dans la tasse, y met le sachet et laisse
infuser. J'allume une cigarette ; la dernière du paquet. Je
la porte à ma bouche et tire une bouffée, ça
me pique la gorge, c'est désagréable. J'ai toujours
détesté fumer et ce n'est pas aujourd'hui que
ça va changer....Je regarde ma tasse de thé, je n'y
voit plus le fond. Je rajoute cinq gros morceaux de sucre et
enlève le sachet. C'est bon, tout est prêt.
Je m'en vais m'asseoir sur le rebord
de ma fenêtre que j'ai fermé dix minutes plus
tôt, une cigarette à la bouche, une tasse dans la main
et mon mp3 dans l'autre. Une fois installé, je bois une
gorgée de thé ; le goût est infecte. Il y a
trop de sucre, le thé est trop fort, je déteste
le parfum poire - chocolat et avec le goût de la cigarette
dans la bouche, cette boisson devient un véritable
supplice...C'est dégueulasse mais, au moins, ça
marche. J'oublie et je me détends...C'est exactement pareil
que lorsqu'on a un point de côté et qu'on nous dit de
prendre un caillou et de le serrer entre nos mains. On est
tellement concentré qu'on en oublie la
douleur.....Moi, à la place, je me concentre sur ce que
j'avale et j'oublie.....l'espace d'un moment....
Image : Kaname ; Vampire
Knight
EDIT :
Have a
nice day : Ca n'a rien à voir mais,
ton speudo me dit vraiment quelque chose ! Tu n'aurais pas un blog
par hasard ? x'D
Yuyu
: Mais c'est qu'elle se fou de ma tronche x'DDD Le
thé poire chocolat c'est une expérience personnel x'D
Je ne l'aurais pas mis si je n'étais pas sûre du
résultat lol C'était au moment de la mort d'un de mes
proches, je n'allais pas bien du tout. Un jour, ma soeur est
arrivée et pour me remonter le morale elle m'a
demandé si je voulais du thé x'D Il faut savoir que,
je suis une grande fanatique de thé
mais, mon parfum
préféré celui à l'orange x'DD Enfin
bref, elle m'a fait du thé et je suis tombée sur le
parfum poire chocolat !
Je ne te raconte même pas ma
tête lorsque j'ai bu une gorgée x'DD C'est comme si tu
prenais du chocolat fondu avec de la purée de poire et que
tu mélangeais tout ça avec de l'eau ; miam /o\
J'étais choquée x'DD Je n'arrêtais pas de
demander à ma soeur " Mais qui est ce qui t'as vendu cette
horreur ! Le crime ! Tu voulais m'empoisonner ?!!"
J'en oublais mon chagrin n__n Donc, tu vois
ça marche x'DD Essaye un jour tu m'en diras des nouvelles
/o\ Et puis, comme chaque auteur, je passe un peu de moi dans
chaque personnage et je cherchais une manière "originale" et
bien à lui de se détendre x'DD Maintenant que j'y
pense, vous ne savez même pas son prénom x'DD Erf :/
Vous le saurez dans le chapitre 2, il est en court
d'écriture =) Sinon, oui oui j'ai tout suivie dans ton
pavé de la mort x'D Je suis contente si je te fais ressentir
des sentiments ^__^ J'ai toujours
l'impression que j'écris de la merde alors bon ; je ne sais
pas trop ce que les autres en pense. La même
personnalité que Kaname ? Bah...non..enfin si..mais....doh !
Pas de spoil x'DD Allez, je te n'aime <33 (T'es contente du
pavé que je viens d'écrire par ta faute ? x'DD)
Have a
nice day : Aaaahhh....Honte à moi d'avoir
oublié ce sublime speudo...
J'adore le montage de mon amour de Ethan !
Par contre je me suis retenue de ne pas
trop baver sinon j'aurais été punie x'DDD Merci,
j'adore =)
Jessou
: Hann *__* Tu as tout lu. Merciii =) Tu vois
c'était pas si long x'D Et si si, je me connecte le soir
x'DD Mais hier soir je regardais spiderman mdr
Misa
: Yeahh !! Enfin une qui me parle de la photo
jetée par la fenêtre /o\ Je n'arrêtais pas de
rire pendant que j'écrivais ce passage x'DD C'est surtout le
"Tant mieux" qui me fait rire x'DD Oui il a pas eut de bol celui
qui passait par là...mais en même temps être
dans les rues à 3 heures du mat'.....bizarre x'DD
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